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L'ÉCOUTE ET LE CONTACT AFFECTIF EN PISCINE

  • jldeconinck
  • 10 déc. 2009
  • 5 min de lecture

Cette écoute pose question…


Vivre avec cette question, cheminer avec elle… Pour à votre tour pouvoir être créatifs avec elle, et l'utiliser avec d'autres personnes en étant créatifs pour la situation… C’est à éveiller : c’est à dire être présents, être créatifs dans cette écoute de l'inconscient du corps…



LE CORPS PARLE DANS L’EAU


Comment le corps y parle-t-il ?


Comment le corps y est-il d'abord une façon d'être dans le mouvement, dans la manière de nous tenir, d'être présent dans la place que nous occupons et où nous vivons dans l’eau ?



Nous pouvons approcher la personne dans sa façon d'appréhender les autres, d'entrer en relation, avec le monde : cette façon peut être simplement dans le recul par rapport à l’autre ; dans l’approche, dans «l’allant vers » ou encore dans l’hésitation.


Et l'écoute de l'inconscient du corps, c'est ça : tous ces aspects d’être, ces différentes façons de parler à travers le corps : "la geste".


Il s’agit lors d’un exercice en piscine, quel qu'il soit, et dans une écoute, non seulement d’écouter et de percevoir tout le vécu mais aussi de vivre avec ces différentes façons de parler ; de vivre ensemble avec l’autre un vécu signifiant, non pas simplement un vécu réel, mais un vécu qui ait du sens.


Essayez donc de vivre avec votre corps et avec l’autre personne en sentant un petit quelque chose de ce qui se symbolise. Cela implique d'abord d'avoir un grand respect pour la place qu’occupe, que vit l’autre et ce qu'il vient de dire à travers son corps.


Les premières conditions pour que nous soyons présents, et pour qu’il accepte que nous soyons présents avec lui dans le symbolique :


1/ respecter et puis


2/éveiller un ressenti pour qu’ensuite


3/ l'autre puisse se laisser aller à venir vers nous, à venir se confier.


Cette attitude qui permet à l'autre de venir à soi est déjà présente dans :

a/l'invitation que je fais à l'autre dans ce qu'il vit.

Il ne s’agit pas tellement d’être le nageur, le plongeur ou l’écoutant qui "fait " quelque chose mais c'est plutôt dans la mesure où je vais inviter l'autre à venir, à pouvoir y aller, à se confier et à parler que je vais pouvoir également en retour


b/ écouter et ensuite


c/confirmer ce qu'il m'a confié.


Cette attitude de confirmation dont on parle peu en psychologie et en psychanalyse, si peu présente dans notre civilisation, peut se traduire par un geste. C'est à l'occasion la main sur l'épaule qui vient dire "mais oui, voilà ce qui s'est vécu, voilà ce qui s'est dit, je te le confirme" et d'une certaine manière à ce moment là, la parole s'incarne dans le corps, la parole prend place, s’intègre, est ressentie et est vécue.


Cette confirmation peut être également un regard ou tout simplement une parole qui cependant vient reprendre, redire et redonner à l'autre qui il est et ses qualités d'être : "voilà qui tu es, ce que nous avons vécu ensemble, ce qui s'est passé". Alors cette parole vient "prendre corps" à l'intérieur du corps, elle est vécue et elle est ressentie, si elle est juste, c'est à dire si elle vient au bon moment, dans un temps d'intuition de ce qui s'est passé.


C'est certainement un des outils pour lequel j'insiste le plus en formation en piscine, c'est celui de la sensibilité auquel le nageur, le plongeur quel qu'il soit et l’écoutant a à donner toute sa dimension, particulièrement dans la sensibilité, non seulement des différents organes de sens, mais également de l'intuition, cette sensibilité du cœur.



QUELQU’ UN D'AUTRE


Lorsque quelqu'un nous parle,


1/ c'est lui qui parle mais aussi parfois à travers lui, quelqu'un d'autre.


2/ Il se fait que : qui je suis, passe d'abord par le fait d'être quelqu'un d'autre.



Pour l'enfant c'est tout le processus d'identification, qui va donner lieu au fait qu'il parle et au fait qu'il soit à la fois lui-même dans sa gestuelle et dans son caractère (qui est déjà perceptible dans la période fœtale, chaque enfant ayant sa façon d'être), et qu'il incarne aussi ce qui lui sera donné à voir et à entendre par ses parents et par les personnes qui lui sont proches.


Et dans tout le travail dans l’eau, il y a un vécu qui vient se répéter et qui se transfère de la façon dont l’enfant ou l’adulte a été avec les autres et dont ils ont été avec lui. Ce vécu, inévitablement, fait que l’enfant ou l’adulte nous prend aussi pour quelqu'un d'autre. Il va nous faire incarner justement différents personnages.


3/ C'est en nous parlant,

vraiment à nous-mêmes tels que nous sommes, autre que la personne qu'il nous faisait incarner, (il nous parlait comme à sa mère mais ce n'est pas sa mère), c’est en mettant ce décalage que quelque chose d'autre : du tiers, va advenir et que, peut-être, il pourra en retour parler à sa mère autrement.


UNE SERIE DE REGISTRES


Il m'arrive que de plus en plus de patients viennent parler, revivre le vécu de leur vie fœtale et, combien suis-je frappé de ce que bon nombre de personnes dans leur façon de se comporter et de vivre leur corps viennent incarner cette période de leur vie sans s'en rendre compte le moins du monde si ce n'est lorsqu'ils se mettent à l'aborder, d’ailleurs d’abord, souvent inconsciemment.


LE VECU FŒTAL


« J'avance » un peu dans le temps, au niveau du vécu foetal. Les sensations les plus nombreuses et les plus difficiles que je peux retrouver là, en plongée et en piscine, sont les sensations d'étouffement, en premier lieu ; c'est assez fréquent, in utero, que le cordon s'enroule et que la sensation d'étouffement soit présente.


Pour pouvoir accompagner ces vécus très précoces, simplement le fait d'être là en silence, et parfois cela nécessite de longs temps de silence, simplement à être présent, est peut-être la seule manière de rejoindre l'autre dans une sensation.


Et après : simplement un mot : "C'est dur, eh ?" ou simplement un murmure qui me vient, je ne sais pas pourquoi à ce moment là, parce que les mots me manquent, et que je n'ai rien d'autre à dire que le son qui me vient, et parfois c'est le son du plongeur ou de la plongeuse que je résonne. Et l'autre me fait signe : "oui".


Je me suis trouvé alors dans ce moment juste, que je décrivais plus haut, moment juste dans l'intuition, peut-être même sans geste. Simplement se rencontrent 2 attitudes d’intuition chez l’un et chez l’autre qui peuvent se rejoindre.


Jean-Luc Deconinck Formateur -Psycho et somato analyste -


BIBLIOGRAPHIE


DECONINCK J-L. , LIENARD G. ; La dynamique du transfert et du contre-transfert in Du transfert au Pur Amour, Somato, Strasbourg, n° 33 décembre 1996

DOLTO F. ; Psychanalyse et pédiatrie, SEUIL, Paris, 1971

FREUD S. ; Naissance de la psychanalyse, PUF, Paris, 1956

KEBERS Cl. ; Mort, deuil, séparation. Itinéraire d'une formation, DE BOECK Coll. Comprendre, Bruxelles, 1999

LACAN J. ; Séminaire le symptôme, INEDIT, 1975

LIENARD G. et MEYER R. ; Les somatothérapies, SIMEP, Paris, 1992

TOMATIS A. ; L'oreille et la vie, LAFFONT, Paris, 1977

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